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APERCU SUR LE NORD-KIVU

Le Nord-Kivu est l’une des provinces les plus dynamiques de la RDC. Ses 59.483 km2 regorgent de ressources diversifiées susceptibles de permettre l’accélération de son développement économique. Avec une population estimée à 5.767.945 habitants, la province tire sa richesse d’activités diverses allant de l’agriculture au commerce en passant par le tourisme et bien sûr, l’exploitation du sous-sol. Sa situation géographique stratégique, elle a une frontière avec le Rwanda et l’Ouganda, lui permet de fructueux échanges avec ces pays traditionnellement tournés vers le marché asiatique, actuellement en pleine expansion. Eparpillés sur six territoires - Masisi, Walikale, Nyiragongo, Rutshuru, Lubero et Beni - et trois villes - Goma, le chef-lieu, Butembo et Beni - les Nord-Kivutiens font preuve d’un extraordinaire esprit d’entrepreneuriat. Malgré les contraintes auxquelles ils font quotidiennement face – manque d’infrastructures appropriées, insuffisance de l’offre de crédit… ils développent admirablement leur territoire. Marquée par les combats et par les importants déplacements de populations, la province du Nord-Kivu se relève aujourd’hui !

 

Un sous-sol riche et diversifie

Comme la plupart des provinces de la RDC, le Nord-Kivu dispose de quantités importantes de minerais. Cassitérite, colombo tantalite ou coltan utilisé notamment dans la fabrication de batteries de téléphones portables et d’ordinateurs, niobium, étain, or, pyrochlore, etc., reposent dans le sous-sol nord-kivutien. Qualifiés de « minerais de sang », ils sont l’un des enjeux des interminables conflits de la région. D’ailleurs, le fait que ces minerais ne contribuent pas au développement socioéconomique des populations autochtones est souvent déploré. Le gouvernement congolais et la communauté internationale ont mis en place un système de traçabilité de ces ressources pour éviter qu’elles ne continuent à financer les seigneurs de guerre de la région. En 2009, 10.543 tonnes de cassitérite et 280 tonnes de coltan d’une valeur totale de 79.514.538,31 dollars ont été exportés. Ils ont rapporté, au cours de la même année, au Trésor public congolais la somme de 2.245.109 dollars. Avec la mise sur pied des mécanismes de traçabilité des minerais, l’économie locale a connu un ralentissement. Selon Ernest Kyaviro, porte-parole du gouverneur, les recettes mensuelles de la province auraient drastiquement baissé, passant de 800.000 dollars en décembre 2011 à 300.000 dollars en janvier 2012. Selon lui, la suspension de certaines zones d’exploitation minière dans la région serait la principale cause de ce spectaculaire déclin.

Le sous-sol du Nord-Kivu abrite également d’importantes quantités de pétrole. Découvert depuis peu sur les bords du lac Albert, l’or noir pourrait devenir l’un des piliers de l’économie régionale. Depuis 2010, la société britannique SOCO International a obtenu l’autorisation du gouvernement pour la prospection et l’exploitation du pétrole dans le territoire de Rutshuru, en plein parc des Virunga. Riche de plusieurs espèces animales et végétales protégées, ce site est classé au patrimoine mondial de l’humanité par l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO). Depuis, le débat est lancé entre les écologistes qui estiment que l’exploitation du pétrole dans ce parc causera des dégâts irréversibles sur l’écosystème et ceux qui y voient une chance unique de doper l’économie de la province, voire même du pays.

Malgré les difficultés qui entravent encore la pleine exploitation du sous-sol de la province, ces ressources en minerais restent l’une des valeurs sûres du Nord-Kivu. Pourtant, même dans ce cas, subsistera toujours un défi : faire en sorte que ces richesses profitent à la population locale.

 

Le Nord-Kivu, une province a vocation agricole

Grâce à son climat et à la nature de ses sols, le Nord-Kivu dispose d’un potentiel agricole exceptionnel. Des cultures tropicales à vocation industrielle s’y épanouissent aisément : café, huile de palme, canne à sucre et depuis peu, cacao. Mais la plupart des récoltes proviennent des cultures vivrières qui, destinées à la consommation locale, sont difficilement quantifiables. Il s’agit essentiellement du manioc, l’aliment de base de la population, du maïs, de la banane plantain, du haricot et de diverses autres cultures maraîchères. Au Nord-Kivu, jadis considéré comme l’un des greniers du pays, la production agropastorale a sensiblement régressé depuis les tribulations qu’a connues la région. Ainsi, après les guerres, des fermes qui comptaient jadis des dizaines de milliers de têtes de bétail, n’ont plus que quelques centaines, voire quelques dizaines de bêtes. Aujourd’hui, avec l’accalmie observée, les exploitants reprennent peu à peu leurs activités. Toutefois, malgré l’engouement affiché des fermiers pour la reprise du secteur, des difficultés subsistent qui pourraient décourager les meilleures volontés. Les routes de desserte agricole, lorsqu’elles ne sont pas carrément inexistantes, sont impraticables. Consciente de ce problème, l’ONG allemande Agro Action Allemande s’est donnée pour mission de rouvrir les principales voies de desserte agricole de la province. Petite note d’espoir, selon un rapport du PAM (Programme Alimentaire Mondial) publié conjointement avec le gouvernement provincial, la sécurité alimentaire au Nord-Kivu se serait améliorée de 27% au cours de l’année 2011. Evaluée à 52% pour l’année 2010, elle est passée à 79% en 2011. Une plus grande implication de l’Etat dans le domaine de la construction et de l’entretien des routes de desserte agricole, ainsi qu’un encadrement plus poussé des paysans, pourraient indéniablement accroître la production actuelle.

 

Le tourisme, l’autre valeur sure de la province

Le Nord-Kivu a également une vocation touristique. Riche d’un parc national classé au patrimoine mondial de l’humanité et de sites volcaniques d’une rare beauté, la province attire chaque année de plus en plus de touristes. Les gorilles des montagnes et les volcans de la chaîne des Virunga en sont les principales attractions. L’Institut Congolais pour la Conservation de la Nature (ICCN) gère au quotidien le parc national de Virunga. Selon cet institut, le nombre de touristes qui visitent ce site exceptionnel ne cesse de croître depuis que la paix revient peu à peu. 600 personnes l’ont fait en 2009 dont 98% d’étrangers. En 2010, le chiffre passait à 1800 visites annuelles. Aujourd’hui encore, la tendance se confirme. Pour soutenir le secteur du tourisme qui renaît de ses cendres, une importante industrie hôtelière se développe à Goma, la ville se situant au pied du volcan Nyiragongo. Le nombre des établissements dans la cité aurait augmenté de 50% depuis l’éruption volcanique de 2002 selon l’association des hôteliers de Goma. Si cette tendance se confirme, le tourisme pourrait devenir l’une des sources de revenus sûrs du Nord-Kivu.

 

Zoom sur Goma : une ville au dynamisme surprenant

Goma, chef-lieu du Nord-Kivu est à bien des égards une ville particulièrement dynamique. Passée en seulement une dizaine d’années du statut de gros village à celui d’une agglomération totalement décomplexée, Goma se positionne aujourd’hui parmi les villes les plus importantes du pays après Kinshasa, Lubumbashi et Kisangani. Sa réussite repose sur deux atouts majeurs : le dynamisme de sa population et sa situation géographique stratégique.

En effet, les affaires réussissent plutôt bien aux habitants de Goma. La ville compte un nombre important de « self made men » qui ont su bâtir des empires en partant de presque rien. Antoine Musanganya, le célèbre homme d’affaires, en est la figure emblématique. Il est le plus gros distributeur des produits Bralima - bière et boissons sucrées - de la province. Il s’est également lancé avec succès dans un nouveau domaine, l’hôtellerie. Et, chaque jour qui passe, de plus en plus d’audacieux tentent l’aventure du monde des affaires. Nombreux d’entre eux réussissent et font désormais figure de modèle pour leurs cadets.

Pourtant, le dynamisme des habitants de Goma ne suffit pas à expliquer à lui seul la réussite de cette ville. Son emplacement y est également pour beaucoup. Située non loin de deux frontières importantes tournées vers l’Est de l’Afrique, l’agglomération était devenue l’une des plaques tournantes du trafic de minerais au début des années 2000. C’était l’époque du phénomène « coltan », du nom de ce minerai qui venait d’être découvert dans la région. Des comptoirs d’achat de la précieuse manne ouvraient à chaque coin de rue. Cela avait contribué à l’essor de l’économie locale…

Aujourd’hui, Goma tire profit des juteux échanges transfrontaliers avec le Rwanda et l’Ouganda voisins. La ville a ainsi pu s’ouvrir au marché asiatique, ce qui a accéléré son développement économique. Désormais, de nombreux jeunes de Goma n’hésitent pas à regarder très loin et à faire du commerce avec Hong-Kong, Dubaï ou encore Bombay !

 

Détruite à plus d’un tiers lors de l’éruption du volcan Nyiragongo en 2002, la ville a su renaître de ses cendres. Quasiment sans l’aide du gouvernement, Goma a été reconstruite, se transformant en une ville au charme pittoresque avec ses maisons à lucarnes, aux charpentes particulièrement bien élaborées. Il s’agit là d’une des meilleures preuves du dynamisme légendaire des habitants de la ville volcanique.

Les ressources naturelles et l’esprit d’initiative de la population sont un atout considérable pour son essor. Pourtant, cela ne suffira pas à optimiser cet élan de progrès. Accroître les efforts de l’Etat dans le sens d’une politique d’encadrement et d’impulsion des activités économiques de la province, permettrait d’en faire un véritable pôle de développement du pays.

 

Poly MUZALIA

Dernière modification le dimanche, 22 avril 2012 14:49
La Redaction

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